Evolutions.

 

A. Pour en finir avec les CityFictions

 

En 2005, je prenais possession des possibilités créatives de la photographie numérique.

Je ne viens pas du monde de l’argentique, j’avais donc l’esprit libre de toute règle de composition ou de méthode de travail. C’est plus du  coté de l’histoire de la peinture qu’il fallait alors regarder pour comprendre mon inspiration. D’ailleurs, mes travaux non numériques ont été petit à petit écrasés par l’ampleur qu’ont pris les CityFictions.

J’utilisais donc des photographies pour en composer d’autres, avec une approche picturale; d’où la difficulté d’une classification juste.

Heureusement, depuis 2005, l’art numérique s’est développé. Les classifications ne s’arrêtent plus aux « nouveaux médias » qu’on trouve encore en France. Ce que je produis peut être classé du cote du « digital art » aux Etats-Unis. En France, l’art numérique regroupe soit les créations non matérielles (installations projetées, programmées, interactives) soit les tentatives de peintures abstraites faites à la souris en 72dpi. Je ne suis dans aucun de ces deux groupes. Le terme de « photo-manipulation » reste très péjoratif et renvoi aux astuces de la presse plutôt qu’à un art actuel. Et ne me parlez pas d’illustration.

Puisqu’il est si difficile d’être classé, et de trouver des relais, j’ai décide de ralentir tout effort pour faciliter une lecture classique de mes travaux. En clair, je stoppe toute référence ou tout attachement visuel, conceptuel, communiquant à la Photographie ou a la Peinture ou a quelqu’autre média.

Jusqu’à présent, chaque pièce pouvait être considéré comme un travail final fruit dune recherche de quelques semaines sur une vue urbaine. Dorénavant, le flux de recherche sera prioritaire, planifié sur de nombreux mois, et toute nouvelle production n’en marquera qu’une étape – une cristallisation de mes recherches au travers d’un effort de composition.

Il me reste à expliciter ces recherches.

 

 

B. Nouvelles orientations.

 

Il est plutôt conseillé, si ce n’est déjà fait, d’avoir jeté un œil sur le statement des CityFictions ici avant de lire la suite.

La plupart des points sont rediscutés. Le plus important, implicite, à savoir la critique de la faible diversité géométrique dans notre champ visuel, est évidemment conservé : cela touche à ma personnalité. S’il y a bien un Espace d’expression dans lequel l’Homme peut exprimer son imagination, et créer de nouveaux espaces, c’est l’architecture. D’où l’intérêt que j’ai porté sur ce sujet. Intérêt quasi exclusif.

C’est cette exclusivité qui aujourd’hui décline. Au cours des derniers trimestres,  j’en suis venu naturellement a sortir de l’échelle urbaine. A penser au-delà ou en-deças. L’objectif est simple à exprimer : appliquer mon style à l’ensemble des sujets.

On se calme, je ne vais pas passer au monde animalier demain matin. Je continue de travailler à la déconstruction des éléments qui structurent nos espaces de vie, et de vue.

Je m’autorise trois champs d’approches qui sont chacun des changements d’échelle par rapport aux espaces urbains.

Premièrement, un zoom arrière important permet l’intégration du fait urbain avec le fait géologique, atmosphérique, géographique. Ces quatre « couches » seront traitées à partir de photographies ou de production totalement numérique selon mon humeur. Le travail de composition  prendra bien soin de déconstruire l’ordre logique et physique de ces éléments : voir chaque jour le sol « en bas » et les nuages en couches horizontales (localement) me fatigue au plus haut point. J’invoque mon droit à placer un lac dans un océan vertical, ou de mettre le planisphère terrestre en orbite triangulaire autour du planisphère martien (a). Cette première approche est conceptuellement la plus délicate et est la « top priority » des deux prochaines saisons. Pour des raisons obscures, j’ai nommé cette série les GeoFictions (b).

 

Ensuite, un zoom arrière relatif, juste suffisant pour dialoguer avec quelques rues, dans une approche toujours urbaine certes, mais en explosant le format de présentation et la logique. C’est dans ce cadre que j’ai produit le « Panorama | Comédie » au printemps dernier. Il y aura d’autres Panoramas (scoop). Il est si ennuyeux de discuter avec des photographes classiques : on connait leur position (au moins pour ceux qui tiennent leur boîtier), leur vitesse d’obturation, l’heure de la prise. Leur position est même parfois enregistrée par leur GPS. Et leur Photographie indique clairement qu’ils faisaient face à leur sujet…  Suite à une ou deux rencontres avec des photographes quantiques (c) dont on ne peut mesurer ni leur position ni l’heure de prise ni quoique ce soit précisément, mes projets ont été bouleversés. L’idée de pouvoir sortir une image dont son point de vue perspectif est une hypothese, une probabilité temporaire, une trajectoire, est jouissif. Ce volet sera intitulé les do not abuse drugs series Panoramas (!!). Cette série restera exceptionnelle et événementielle : le prochain panorama n’est pas pour cette saison automnale.

 

Enfin, un zoom avant. Non, pas sur les feux de signalisation, ni sur les bornes anti-incendie. Je veux parler du Graal, dont il n’existe à ce jour qu’une pièce bien cachée. Cette série est difficile à développer : nécessite d’un studio, de temps pour la préparation, et la recherche d’espaces bruts pour la mise en scène. Nom officiel : BodyFictions. Méthode : déconstruire le corps, notamment pour forcer l’opposition organique-minéral. Production : en veille.

 

Je posterai dans les prochains jours ce qui fabrique aujourd’hui mon inspiration.

 

 

 

(a) Kepler aussi me fatigue

(b) Sans aucune prise de vue de Sao Paulo ni de Tokyo, l’idée des  « GlobalFiction Series » eut été déplacée.

(c) Je ne divulguerai pas mes sources.

2011, semaine 36

Parution Midi Libre

Parution d’un article dans le Midi Libre, en date du 19 mai 2011. Il couvre le vernissage de l’exposition de l’espace Aragon. Reportage réalisé par Sonia Drissi, correspondante pour le quartier Port-Marianne.

Avec en illustration le désormais celebre « portrait aux yeux fermés devant le panorama-comedie « , non signé, daté, environ 140000 exemplaires.

article midi libre

ML mai 2011

Supernova

Printemps d’AEH :

L’association Action Ethique Humanitaire (AEH) organise une collecte de fonds par l’intermédiaire d’une vente aux enchères caritatives d’oeuvres d’art.

Après différents dons  pendant de l’hiver, les oeuvres du lot sont visibles à La Galerie, 1 rue de Ratte à Montpellier jusqu’au 26 mai, date de la mise aux enchères.

Ma pièce « Anaphore » (2009) fait partie de l’évènement…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Supernova :

Le festival continue, mon panorama de la place de la comédie de Montpellier est encore accroché pour quelques petits jours à l’espace Aragon, quartier Richter.

Programme du festival ici

panorama comedie montpellier

 

 

Semaine 20

Je remplirais cet espace pour tenter ce que j’ai toujours refuser de faire sur le site classique : faire le lien entre ce que j’ai pu faire en 1994 (au hasard) et ce que je pourrais bien faire en 2014 (encore au hasard).

Ce que je faisais en 1994 était absolument spontané et enfantin, le produit d’une curiosité que peut avoir un gamin de 10 ans. Puis vient le moment où ce que l’on fait devient plus important que soi.

Je vais dans les prochains jours ressortir ces archives, elles n’ont d’interêt qu’en tant que choses antérieures à mes productions actuelles.

A suivre.

Contenu prochain